CARTHAGE AIME… Constance Gay


RENCONTRE EN TOUTE LIBERTE

Chaque mois, Carthage part à la rencontre d’une femme libre, unifiée, connectée avec sa nature profonde. Une « femme sauvage » d’aujourd’hui.
Parce que ces rencontres nous bousculent, nous élèvent, et peuvent nous aider à trouver notre propre chemin de liberté.

Photo: Stevens Fievet

Un regard de killeuse, un tempérament de feu, une voix d'une sensualité incroyable, un grain de folie bien présent... A la rencontre de Constance Gay, 28 ans, comédienne, passionnée de textes, de musique, de photo, de chevaux, … et première "muse" Carthage.

 

• Constance, depuis quand fais-tu ce que tu fais aujourd'hui?


Cela fait un peu moins de 5 ans que je suis comédienne. Avant, je me destinais à être journaliste, mais l’appel des textes et du jeu ont été plus forts que moi. Aujourd’hui, j’ai de plus en plus envie de passer derrière la caméra et c’est drôle, je ramène en quelque sorte mes premières envies à mon métier, car je réalise actuellement un documentaire sur un sujet qui me touche particulièrement.


• Quand t’es-tu dit que tu étais faite pour cela, que tu étais "à ta juste place"?


Je ne vais pas rentrer dans de la psychologie de comptoir, mais je ne sais pas si une personne travaillant dans le milieu artistique se sent vraiment à sa place un jour. Je trouve cette incertitude assez jolie, si tant est qu’on l’utilise à bon escient et qu’on la surpasse.

En ce qui me concerne, c’est ce qui me tient et me pousse à créer, je tente de vaincre ce doute chaque jour, et tente de faire un peu mieux chaque fois. D’ailleurs, j’ai un peu de mal avec le verbe « faire », car dans ma tête, il s’apparente aux verbes « produire » ou « fabriquer », que j’ai du mal à associer à la création. « Faire, faire, faire à tout prix », mais pourquoi donc, si cela ne naît pas d’un réel désir ?

Si je suis faite pour cela ? Je répondrais trivialement : oui, parce que je ne pourrais pas faire autre chose, et que mon métier me rend profondément heureuse,… même si comme je le disais il est très empreint de doutes.

Photo: Flavie Brizard


• Quelle est ta plus belle rencontre, celle qui t’a donné des ailes ?


Je ne crois pas qu’il y ait eu une rencontre à proprement parler. Les rencontres que j’ai pu faire au cours de ma vie, les bonnes ou les mauvaises, m’ont toutes forgée. Je me suis construite de toutes ces personnes qui m’ont touchée à un moment de ma vie ou qui me toucheront pour l’éternité, (mais celles-ci se comptent sur les doigts de la main). Chacune a cousu une plume aux ailes que je suis en train de construire tous les jours un peu plus.

Evidemment, il y en a qui ont été déterminantes, car elles m’ont laissé accéder à leur merveilleuse vision du monde, et qu’elles m’ont fait progresser en tant qu’humain. Mes yeux s’en sont un peu plus ouverts, et je les en remercie. Je crois que c’est comme cela qu’on évolue.


• A quel moment penses-tu avoir fait preuve le plus de liberté?


Je pense simplement que c’est lorsque j’ai dit ‘merde’ aux études et à mes désirs de journalisme. J’ai, comme on dit, tout viré d’un revers de main, pour me lancer à corps perdu dans le théâtre. Je crois que je me sentais libre parce que je savais parfaitement quelle direction je prenais, malgré encore une fois, une incertitude immense quant au point final où elle m’emmènerait.


• Où te sens-tu le plus libre ?


Pour une fois, je vais répondre simplement ah ah ! A trois endroits précis : sur une scène de théâtre, à cheval, et en haute montagne.

Photo: Jane Hannah


• Que fais-tu pour te sentir bien ? Qu'est ce qui te procure le plus d'apaisement?


Sans hésiter, les animaux et la musique.

En fait, ce qu’il y a de commun entre la musique et les animaux, c’est qu’à mon sens, ils font tous deux appel à l’instinct. Quand je suis avec un animal ou en train d’écouter de la musique, ce n’est plus mon cerveau qui analyse, c’est mon corps qui ressent. Je ne respire plus de la même façon. Quand j’écoute Ravel ou quand je suis avec un cheval par exemple, j’ai la sensation que le monde autour de moi se met en pause, mon monde se met alors à flotter et à se mouvoir au rythme du cheval ou de la musique. Et je me sens profondément bien.


• Un souvenir d’éblouissement, de choc esthétique ?


Je dois être très sensible, mais des petits éblouissements, j’en ai très souvent. Je crois que j'aime bien aller dénicher la beauté un peu partout. Quand je découvre une version que je ne connaissais pas d’une symphonie ou d’un opéra, et que je trouve qu’elle met en valeur le morceau en question, c’est toujours une source d’émerveillement incroyable par exemple. Ce qui est merveilleux avec la musique, c’est que c’est infini. En plus des milliers de compositions qui existent dans le monde, leurs différentes versions, directions, reprises, orchestrations, font que tu as toujours à découvrir sur une œuvre que tu connais soi-disant par cœur. De plus, la musique te parle différemment à certains moments de ta vie ; un jour tu apprécieras la Passion selon Saint Jean parce qu’elle t’égaie, et un autre, parce qu’elle te rend morose, et que tu aimes bien cette sensation à ce moment. Si tu combines le tout, ça t’amène quasiment à l’infini !
J’ai un souvenir de grand moment de choc ; nous étions avec mon grand-père et ma grand-mère à Milan, dans sa sublime cathédrale, il y avait peu de monde, et d’un coup… l’immense orgue s’est mis à jouer l’ouverture de Tannhauser de Wagner, un de mes opéras préférés. Signe des étoiles ou combinaison ultime de beauté pour les yeux, pour les oreilles, ou pour l’élégance du moment, j’ai pleuré. Pas des pleurs qu’on connaît, ceux qui coupent la respiration et qui te font faire des grimaces, non, des larmes sortaient simplement de mes yeux, et coulaient tranquillement. Encore une fois, c’est le corps qui parlait.

Photo: Alice de Sagazan


• Ton lien avec la Nature ou celui que tu aimerais avoir?


Je crois que mon lien avec la nature est plus ou moins constant, parce que bien que vivant à Paris, je ne suis profondément pas une citadine. Au bout de trois jours passés à Paris, l’appel de la nature se fait ressentir très fort. Les animaux, dont les chevaux, me manquent, et je ne tiens plus en place.
Dans sa plus grande définition, j’aimerais respecter encore plus cette nature qui nous donne tant et à qui on ne rend pas vraiment la pareille. Même si je fais des petits gestes au quotidien pour la planète, j’aimerais appliquer encore plus de gestes pour me sentir encore mieux dans mes pompes vis à vis de l’écologie. Quoiqu’on dise, c’est difficile de supprimer totalement le plastique de nos appartements parisiens, de faire zéro gâchis, dire non au papier (et donc non aux livres), par exemple. C’est un petit combat de tous les jours, j’y travaille consciencieusement !


• SPECIAL CONFINEMENT: une photo de toi en ce moment même... même pas peur!

Tu sais quoi ? On va pousser un peu, je te montre même mes sublimes chaussons Panda ! Même pas peur !