Un chemin


Témoignage de Mathilde, la créatrice de Carthage.

AUJOURD'HUI je crée des bijoux.

AVANT-HIER, je travaillais dans la mode, dans le prêt-à-porter, pour plusieurs marques « mainstream » comme on dit en langage marketing. Production désincarnée, participation à une grande structure remplie d’anonymes, travail avec des matériaux de mauvaise qualité, et process de décision longs…

J’ai assez vite compris que cela ne me correspondait pas, et que j’avais une grande soif d’entreprendre par moi-même.

Néanmoins, j’ai appris énormément, sur la production et le marketing, et sur moi-même, affinant mes aspirations profondes.


HIER, je suis devenue entrepreneure, co-entrepreneure exactement, en participant à la création et au développement de la maison de robes de mariées Laure de Sagazan.

 

Je pense que mon chemin a vraiment démarré à ce moment-là. Le point de départ de l’histoire de Carthage, c’est finalement la grande révélation qui s’est opérée lorsque j’ai demandé à ma talentueuse cousine Laure de faire ma robe de mariée, pressentant en elle un grand talent. Et la confiance qu’elle m’a alors accordée.


Laure de Sagazan est certes devenue la marque notoire que l’on connait aujourd’hui, mais cette aventure a surtout été pour moi la révélation de ce à quoi tout mon être aspirait :

un émerveillement au quotidien à travers la création de BEAU et le tutoiement d’un savoir-faire français incroyable.

Voir se déployer tous les jours devant mes yeux des matériaux nobles, admirer l’alchimie qui s’opère entre la créatrice (la vision) et les couturières (la réalisation) - ce joli ballet parfaitement orchestré qui aboutit à la création d’une pièce exceptionnelle- et participer à le faire grandir, le révéler à la face du monde, a été une source de joie de tous les instants.


Ma route me mène AUJOURD'HUI vers l’expression de ma créativité, qui était latente et ne demandait qu’à être écoutée. Cette demande est devenue soudain une urgence, et une évidence. J’ai exploré plusieurs pistes (étant attirée par de nombreux savoir-faire) mais le bijou (que j’avais appris à travailler) revenait tout le temps, de façon obsessionnelle :

j’avais l’intuition que ce petit objet, nomade, précieux, concentré de créativité et de savoir-faire, pouvait remplir nombre de mes « réservoirs ».


J’ai écouté cette intuition.
Et très vite une première collection est née, grâce à de fabuleuses rencontres, et, avec elle, une joie profonde, lié au sentiment d’être à ma place, et d’avoir un terrain d’expression qui est la parfaite synthèse de mon histoire personnelle et mes valeurs.


Ma volonté est de mettre en valeur et pérenniser, à travers mes créations, le savoir-faire incroyable d’artisans de France et d’ailleurs, mais aussi de promouvoir la beauté de l’imperfection à travers des pièces artisanales, singulières et donc imparfaites.

C’est drôle, moi qui suis d’une nature perfectionniste qui peut devenir assez tyrannique, je suis profondément sensible, émue, par l’imperfection, libératrice.
Je pense donc mes bijoux ainsi : uniques car imparfaits, aujourd’hui plaqué or, demain qui sait, mêlant pierres brutes et métaux précieux, éléments végétaux et minéraux… les idées se bousculent et tout reste à écrire.
- Mathilde »